Gérer son entreprise

Test assertivite : 7 situations pour enfin savoir dire non

diabète

La question qui revient le plus souvent quand on parle d'affirmation de soi, ce n'est pas « comment devenir assertif ». C'est : « j'ai fait un test assertivité en ligne, j'ai eu 18 sur 20, ça veut dire quoi ? »

Et là, franchement, je grince des dents. Parce que dans 9 cas sur 10, la personne a passé un questionnaire trouvé sur un site de coaching, avec un barème maison, et elle en tire une conclusion sur sa personnalité entière. J'ai fait exactement la même chose il y a quelques années. J'ai même imprimé le résultat pour l'emmener chez une psy. Elle a souri. Poliment.

Alors reprenons. Un test assertivité sérieux, ça mesure quoi, ça vaut quoi, et surtout : comment lire un résultat sans se raconter n'importe quoi ?

Points clés à retenir

  • Un test d'assertivité est un outil d'auto-observation, pas un diagnostic — aucun psychologue ne vous suivra là-dessus.
  • La plupart des questionnaires gratuits en ligne reposent sur quatre profils : affirmation de soi, fuite, attaque, manipulation.
  • L'attribution « test de Gordon » circule partout et mérite d'être questionnée sérieusement.
  • Le score brut compte moins que la répartition entre les quatre profils.
  • Un résultat peut bouger d'une passation à l'autre selon votre semaine, votre patron, votre sommeil.
  • Ce qui change vraiment les choses, ce n'est pas le test : c'est ce que vous en faites dans les 72 heures qui suivent.

Un test assertivité, ça mesure quoi au juste ?

Définissons le mot, parce qu'il est galvaudé. Être assertif, c'est exprimer un besoin, une opinion ou une limite de façon directe, honnête et respectueuse — sans écraser l'autre, sans s'écraser soi. C'est la définition que vous trouverez partout, et elle est correcte.

Ce que les tests mesurent concrètement, c'est votre tendance comportementale face à des situations sociales précises. Pas votre caractère. Pas votre valeur en tant qu'être humain. Votre réflexe le plus fréquent quand quelqu'un vous coupe la parole en réunion.

Les quatre profils que vous retrouverez partout

Presque tous les questionnaires français tournent autour du même modèle en quatre cases :

  • L'affirmation de soi — vous dites ce que vous pensez, calmement.
  • La fuite / passivité — vous encaissez, vous vous taisez, vous ruminez après coup.
  • L'attaque / agressivité — vous répliquez fort, vite, et parfois trop fort.
  • La manipulation — vous obtenez gain de cause sans jamais demander frontalement (allusions, culpabilisation, silence stratégique).

Ce dernier profil est celui qu'on oublie systématiquement dans les articles grand public. Il est pourtant le plus intéressant cliniquement : beaucoup de gens qui se croient passifs sont en réalité très efficaces en manipulation douce, et ça leur coûte juste des relations.

La vraie différence avec un test de personnalité

Un inventaire de personnalité vous range dans une case stable. Un test d'assertivité mesure une compétence relationnelle, donc quelque chose qui s'apprend. C'est toute la différence, et c'est plutôt une bonne nouvelle.

J'ai refait le même questionnaire à 14 mois d'écart. Mon score « affirmation » est passé de 9 à 15 sur 20. Rien de magique : j'avais changé de boîte et de manager. Le contexte pèse plus lourd que la volonté.

« Test de Gordon » : d'où vient ce nom, et pourquoi ça coince

C'est le point sur lequel j'ai le plus tiqué en préparant cet article, et c'est probablement ce que vous ne lirez nulle part ailleurs.

« Test de Gordon » : d'où vient ce nom, et pourquoi ça coince

Cherchez « test assertivité » : la moitié des résultats vous parlent du test de Gordon, en référence à Thomas Gordon, le psychologue américain derrière la méthode Gordon et les messages-Je. Sauf que le lien entre ce questionnaire francophone à quatre profils et Gordon lui-même est hautement contestable. Aucune source officielle du Gordon Training International ne le revendique. Certaines analyses attribuent plutôt la paternité du modèle à Dominique Chalvin, dans un ouvrage sur l'affirmation de soi publié chez ESF.

Autrement dit : on a affublé un questionnaire français du nom d'un psychologue américain qui n'y est probablement pour rien. Et depuis, la légende se recopie de site en site.

Pourquoi ça compte concrètement pour vous

Parce que si vous cherchez « test de Gordon PDF officiel » en espérant tomber sur l'original validé scientifiquement, vous cherchez un objet qui n'existe probablement pas sous cette forme. Ce que vous trouverez, ce sont des versions retapées, parfois tronquées, souvent sans clé de correction.

Ça ne rend pas l'outil inutile. Ça le rend non certifié. Nuance.

Test gratuit en ligne ou version papier : ce qui change

Sur le fond, rien. Sur la forme, quelques pièges :

Critère Test en ligne PDF / papier
Correction Automatique, immédiate Manuelle, il faut la clé
Transparence du barème Souvent opaque Parfois fourni
Réponses spontanées Difficile, on voit la question suivante Plus facile
Récupération de vos données Fréquente Aucune
Réutilisable dans le temps Si vous gardez une trace Oui, si vous ne perdez pas la feuille

Le dernier point est celui que je regrette le plus. J'ai perdu mes deux premières passations faute d'avoir noté les scores quelque part. Comparer dans le temps, c'est 80 % de la valeur de l'exercice.

Comment lire son résultat sans se raconter d'histoires

Vous avez rempli le questionnaire. Vous avez un chiffre par profil, ou une somme globale. Maintenant, l'étape que tout le monde rate.

Comment lire son résultat sans se raconter d'histoires

Ne regardez pas le total, regardez l'écart

Un score global de 42 sur 60 ne dit rien. Ce qui parle, c'est la distance entre vos profils. Un profil « fuite » à 17 et un profil « attaque » à 4, chez quelqu'un qui se décrit comme sanguin, c'est une information autrement plus utile qu'un total.

Regardez aussi ce qui vous a fait hésiter pendant la passation. Les items où vous avez mis dix secondes de plus que les autres. C'est souvent là que se cache le vrai sujet.

Oui, le résultat varie selon le jour

Je l'ai dit plus haut, j'insiste : le résultat bouge. Si vous venez de vous faire recadrer par votre chef la veille, votre score « fuite » va grimper artificiellement. Faites le test un jour neutre. Idéalement deux fois, à quinze jours d'intervalle, et comparez.

Un écart de 2 ou 3 points entre deux passations rapprochées n'a aucune signification. Un écart de 8 points, là, il se passe quelque chose.

Le piège du score parfait

Vous avez 19 sur 20 en affirmation de soi ? Bravo, mais méfiance. Dans les faits, une personne réellement assertive admet facilement ses moments de fuite ou d'agressivité. Un score lisse à ce point ressemble davantage à un désir de soi qu'à une observation honnête.

Et franchement, quelqu'un qui ne se met jamais en colère n'est pas assertif. Il est éteint.

Que faire dans les 72 heures après le test

Un test sans action, c'est un jeu de société. Voici ce qui a marché pour moi, dans l'ordre d'efficacité décroissante.

  1. Notez vos trois items les plus inconfortables. Pas les plus mal notés — les plus désagréables à lire.
  2. Choisissez UNE situation réelle de la semaine, et rejouez-la mentalement en version assertive. Une seule.
  3. Le lendemain, testez sur une petite scène à faible enjeu. Un collègue qui vous coupe, un serveur qui se trompe.
  4. Notez ce qui s'est passé. Vraiment. Sur papier. En deux lignes.
  5. Quinze jours plus tard, refaites le questionnaire et comparez.

Résultat de ma première tentative, pour être transparent : j'ai tenu deux jours, puis j'ai oublié. Le carnet est resté fermé trois semaines. Ce n'est pas grave — je l'ai repris. C'est la reprise qui compte, pas la régularité parfaite.

Quand passer à autre chose qu'un questionnaire

Si vos scores « fuite » ou « manipulation » sont très hauts, et que ça vous coûte des relations ou de la santé, un test en ligne ne suffira pas. Un travail en groupe, une formation courte, ou quelques séances avec un professionnel font davantage qu'un quatrième questionnaire. Le test vous donne la carte. Il ne creuse pas le chemin.

Ce que je retiens après tout ça

Les tests d'assertivité sont utiles exactement comme un thermomètre : ils indiquent une température à un instant donné, dans un contexte donné. Ils ne vous disent pas qui vous êtes.

La prochaine fois que vous tomberez sur un « test de Gordon » avec un joli graphique en camembert, vous saurez deux choses que la plupart des gens ignorent : que l'attribution du nom est douteuse, et que le chiffre affiché vaut surtout par ce qu'il déclenche chez vous dans les trois jours suivants.

Un dernier point. Si vous refaites le test dans six mois et que vous obtenez exactement le même score, posez-vous une question différente : est-ce que quelque chose, dans votre environnement, vous maintient à cette place ?

Partager :
Olivier Gauthier

Olivier Gauthier

Olivier Gauthier est journaliste, spécialisé depuis une quinzaine d’années dans les domaines de la connaissance, de la gestion d’entreprise, ainsi que des techniques et astuces professionnelles.

Voir tous les articles